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Souper prévu

Moins gaspiller

Cuisiner les restes et réduire le gaspillage à la maison

Une zone « à manger d’abord », des recettes passe-partout, les bonnes durées de conservation et la différence entre meilleur avant et produit gâté.

Riz frit aux restes dans une poêle sur la cuisinière, avec des petits pois, des carottes, des morceaux d’œuf et des oignons verts.

Une partie de ce qu’on achète à l’épicerie finit au bac brun ou à la poubelle sans avoir été mangée : des fines herbes oubliées, un fond de sauce, du pain sec, la moitié d’un chou. Chaque petit oubli coûte peu, mais mis bout à bout sur une année, ils font une différence dans le budget. La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces pertes se règlent avec quelques habitudes de cuisine, pas avec des efforts héroïques.

Une zone « à manger d’abord »

Le gaspillage commence souvent par l’oubli. Ce qu’on ne voit pas, on ne le mange pas. Réservez une tablette ou un bac du réfrigérateur aux aliments à utiliser rapidement : restes de la veille, légumes entamés, yogourt ouvert, viande qui approche de sa date. Toute la maisonnée sait que c’est là qu’on pige en premier pour les collations et les lunchs.

Au moment de ranger l’épicerie, appliquez la même logique : les nouveaux achats vont derrière, les plus anciens devant.

Les recettes passe-partout

Certaines recettes acceptent à peu près tout ce qui traîne. Avoir trois ou quatre de ces « vide-frigo » dans son répertoire règle la majorité des cas.

  • La soupe-repas : un oignon, ce qui reste comme légumes, un bouillon, une poignée de pâtes ou de lentilles. Les tiges de brocoli, les fanes de carottes tendres et les champignons ramollis y trouvent leur place.
  • Le riz frit : du riz cuit de la veille (il frit mieux que le riz frais), des légumes en dés, un œuf, un peu de sauce soya.
  • L’omelette ou la frittata : légumes cuits, fond de fromage, quelques tranches de jambon, fines herbes un peu fatiguées.
  • La pizza ou les quesadillas : un reste de poulet, de légumes rôtis ou de chili sur une pâte ou une tortilla.
  • Le pouding au pain ou le pain doré pour le pain rassis.
Chaudron de soupe aux légumes maison sur la cuisinière, planche à découper avec pelures de carotte et demi-oignon à côté.
La soupe-repas, l’outil de base pour les légumes qui ne paient plus de mine.

Bien conserver les restes

Réutiliser les restes suppose de les garder dans de bonnes conditions. Quelques repères de Santé Canada :

  • réfrigérez ou congelez les restes dans les deux heures suivant le repas;
  • gardez le réfrigérateur à 4 °C ou moins et le congélateur à -18 °C ou moins;
  • répartissez les grandes quantités dans des contenants peu profonds, pour qu’elles refroidissent plus vite.

Durées indicatives au réfrigérateur, selon Santé Canada :

AlimentRéfrigérateur (4 °C)Congélateur (-18 °C)
Plats cuisinés avec œufs, viande ou légumes3 à 4 jours2 à 3 mois
Poisson et volaille cuits3 à 4 jours4 à 6 mois
Bouillon et sauce à la viande3 à 4 jours4 à 6 mois
Soupes2 à 3 jours4 mois

Au-delà, ou en cas de doute, on jette. L’odeur ou le goût ne permettent pas de savoir si un aliment est sûr. Quand on sait qu’un reste ne sera pas mangé dans les délais, mieux vaut le congeler tout de suite que d’attendre le dernier jour. Le guide sur la congélation explique comment bien emballer et décongeler.

« Meilleur avant » ne veut pas dire « à jeter après »

La date « meilleur avant » indique jusqu’à quand un produit non ouvert, bien entreposé, garde sa fraîcheur, sa saveur et sa valeur nutritive. Elle ne marque pas le moment où il devient dangereux. Selon Santé Canada, on peut acheter et consommer un aliment après cette date, mais il peut avoir perdu un peu de qualité. Une fois l’emballage ouvert, la date ne s’applique plus : on se fie alors aux durées de conservation.

La date limite d’utilisation, elle, est différente : elle figure sur certains produits particuliers (préparations pour nourrissons, par exemple), et on ne consomme pas ces produits après la date indiquée.

Planifier pour gaspiller moins

Le gaspillage se règle aussi en amont. Un plan de soupers qui prévoit un soir de restes, une liste d’épicerie faite après un coup d’œil au frigo, des quantités ajustées au nombre de personnes : ces gestes réduisent ce qu’on achète en trop. Le guide pour faire une épicerie économique reprend ces étapes.

Quelques réflexes de plus :

  • achetez les fruits et légumes fragiles (petits fruits, laitue, fines herbes) en petite quantité, plus souvent;
  • congelez les bananes trop mûres pour les muffins et les smoothies;
  • gardez les fines herbes fraîches debout dans un verre d’eau au frigo, ou hachez-les et congelez-les dans un peu d’huile;
  • transformez les fruits abîmés en compote, les légumes mous en soupe ou en sauce.

Ce qui ne se mange pas

Même avec la meilleure organisation, il restera des pelures, des os, du marc de café et des coquilles d’œufs. Au Québec, de nombreuses municipalités offrent la collecte des résidus alimentaires (le bac brun) : ces matières y sont valorisées plutôt qu’envoyées à l’enfouissement. Les règles changent d’une municipalité à l’autre, alors vérifiez ce qui est accepté chez vous. RECYC-QUÉBEC propose aussi des repères pour réduire les pertes à la maison.