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Le symbole « élevé en » sur le devant des emballages
Depuis le 1er janvier 2026, un symbole à loupe signale les aliments à teneur élevée en gras saturés, en sucres ou en sodium. Seuils, exemptions et façon de s’en servir.

Vous l’avez sans doute déjà remarqué sur une boîte de biscuits ou un sac de croustilles : un petit rectangle noir et blanc, avec une loupe et les mots « Élevé en », suivis de « gras sat. », « sucres » ou « sodium ». C’est le symbole nutritionnel sur le devant de l’emballage, exigé par Santé Canada. La période de transition accordée à l’industrie a pris fin le 31 décembre 2025 : depuis le 1er janvier 2026, il est obligatoire sur les aliments préemballés visés.
À quoi ressemble le symbole
Le symbole est toujours en noir et blanc. Il comprend :
- une loupe;
- la mention « Élevé en » (et « High in » en anglais, soit dans un symbole bilingue, soit dans deux symboles distincts);
- le ou les nutriments concernés : gras saturés, sucres, sodium, seuls ou combinés;
- les mots « Santé Canada / Health Canada » au bas.
Il doit se trouver sur l’espace principal de l’emballage, celui qu’on voit en premier sur la tablette : dans la moitié supérieure, ou dans la moitié droite si l’emballage est plus large que haut. L’idée est qu’on le repère sans avoir à retourner le produit.
Pourquoi seulement trois nutriments
Le symbole ne parle que des gras saturés, des sucres et du sodium. Ce sont les trois éléments que Santé Canada encourage à limiter dans l’alimentation courante, et que l’on retrouve souvent en quantités importantes dans les aliments transformés. Il ne dit rien des fibres, des protéines ou des autres éléments du tableau : pour ces éléments, il faut toujours consulter le tableau de la valeur nutritive.
Comment on décide qu’un aliment est « élevé en »
Le calcul repose sur le pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) par quantité de référence, le même chiffre qu’on lit dans le tableau de la valeur nutritive. Trois seuils s’appliquent selon le type d’aliment :
| Type d’aliment | Seuil qui déclenche le symbole |
|---|---|
| La plupart des aliments préemballés | 15 % VQ ou plus |
| Aliments à petite quantité de référence (30 g ou 30 mL ou moins) : sauces, condiments, vinaigrettes, craquelins… | 10 % VQ ou plus |
| Plats principaux préemballés (quantité de référence de 200 g ou plus) : pizza, macaroni au fromage, burritos… | 30 % VQ ou plus |
Un même produit peut afficher un, deux ou trois nutriments. Une soupe en conserve sera souvent « élevée en sodium », une boisson sucrée « élevée en sucres », certains biscuits « élevés en gras saturés et en sucres ».
Les aliments exemptés
Certains aliments n’ont pas à porter le symbole, même s’ils dépassent un seuil. Selon Santé Canada, c’est notamment le cas :
- des fruits et légumes qui ne contiennent ni gras saturés, ni sucres, ni sodium ajoutés;
- de certains produits laitiers comme le lait nature, le yogourt nature et le fromage;
- des viandes et volailles hachées crues composées d’un seul ingrédient, et des pièces entières de viande, de volaille et de poisson crus sans tableau de la valeur nutritive;
- du beurre, du sucre, du sel et des produits utilisés de la même façon : miel, sirop d’érable, huiles végétales, sel d’assaisonnement;
- des aliments vendus dans de très petits emballages, et des portions individuelles servies par un restaurant avec un repas (craquelins avec une soupe, petits godets de crème avec un café).
Autrement dit, l’absence de symbole ne veut pas dire qu’un aliment est faible en sodium ou en sucres. Une bouteille de sirop d’érable n’en porte pas, et elle reste du sucre.
Ce que le symbole permet, et ce qu’il ne permet pas
Le symbole sert surtout à comparer vite. Devant deux sauces pour pâtes, si l’une affiche « Élevé en sodium » et l’autre non, vous avez une information en une seconde. Devant deux boîtes de céréales qui portent toutes deux le symbole, il faut aller voir le tableau pour savoir laquelle en contient le moins.
Il ne classe pas les aliments en « bons » et « mauvais ». Un fromage, exempté, peut contenir passablement de sodium et de gras saturés. Une sauce soya portera le symbole, mais on en utilise une cuillerée. Le bon réflexe : utiliser le symbole comme un premier tri, puis lire le reste de l’étiquette. Le guide pour lire le tableau de la valeur nutritive détaille cette lecture.
Dans le panier de la semaine
Quelques façons concrètes de s’en servir sans y passer l’après-midi :
- Pour les produits achetés toutes les semaines (pain, céréales, soupes, sauces), comparez une fois les options de votre épicerie et notez celles qui vous conviennent.
- Pour les plats préparés, souvenez-vous que le seuil est plus élevé (30 % VQ) : un plat principal qui affiche le symbole en contient donc beaucoup pour un seul repas.
- Pour les condiments, le seuil est plus bas (10 % VQ), parce qu’on en mange de petites quantités. Ils portent souvent le symbole; à vous de voir la quantité réellement utilisée.
- Pour les collations des boîtes à lunch, le symbole aide à varier entre produits emballés et options maison. Le guide sur les boîtes à lunch propose des idées de collations simples.
Les aliments les plus simples n’en portent pas
En faisant le tour d’une épicerie, on remarque vite que le symbole se concentre dans les allées centrales : collations, boissons, plats prêts à manger, sauces. Les fruits et légumes, les légumineuses sèches, les œufs, le lait nature en sont presque toujours dépourvus. C’est une autre façon de lire le symbole : un rappel que les aliments peu transformés restent une bonne base pour bâtir son assiette au quotidien.